Pour un nouveau partage des terres agricoles

D’ici 2050 : 50% d’agriculture bio, deux fois moins de gaz à effets de serre, une production relocalisée et un changement de notre assiette.

 

Il n’y a pas de croissance infinie dans un monde qui ne l’est pas. 

 

L’état d’urgence agricole dans lequel nous nous trouvons démontre que l’enjeu de l’agriculture française n’est pas de produire pour produire mais de produire pour nourrir les français sainement et durablement.

 

Nourrir sur les 30 prochaines années 72 millions de français tout en luttant contre le changement climatique et en respectant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité, est le défi que nous devons relever.

 

Nous devons proposer un nouveau partage des terres agricoles pour faire vivre une agriculture de qualité dans des territoires ruraux dynamiques.

 

 

Constats :

 

- Depuis l’an 2000, 21 000 emplois agricoles sont perdus en moyenne chaque année en France

 

- La France perd tous les 6-8 ans la surface agricole d’un département.

 

- Au niveau de sa sécurité alimentaire, la France n’est pas autosuffisante. L’établissement d’une balance import-export en surface équivalente  (et non plus en euros…) montre que la France est déficitaire de 1,5 million d’hectares. Nous dépendons donc du reste du monde pour nous approvisionner malgré des terres fertiles et productives.

 

- Un modèle alimentaire déséquilibré : nous consommons trop de protéines (90 grammes par jour et par personne au lieu des 52 grammes conseillés), ce qui impacte directement notre paysage agricole. En France, 80% des surfaces agricoles sont utilisées pour l’alimentation animale.

 

- Un déséquilibre environnemental : l’intensification des pratiques agricoles (engrais, pesticides, irrigation) entraîne la dégradation de la qualité de l’eau (400 captages d’eau potable sont fermés chaque année en France en raison des pesticides et nitrates), l’érosion des sols avec des terres agricoles moins fertiles et affecte la biodiversité

 

 

Pourtant les solutions existent.

 

Le projet Afterres2050 initié par l’association Solagro dessine un autre paysage agricole français pour 2050 et quantifie les changements nécessaires pour y parvenir. En phase de test dans quatre régions de France (Ile de France, Centre-Val de Loire, Picardie, Rhône Alpes), le scénario Afterres 2050 propose une véritable transition agricole :

 

D’ici 2050 : 50% d’agriculture bio, deux fois moins de gaz à effets de serre, une production relocalisée et un changement de notre assiette.

 

Pour y parvenir, il faut dessiner un nouveau paysage agricole français avec principalement :

 

- La diversification des modes d’exploitation des sols : passer de la monoculture généralisée aujourd’hui à la mixité des productions avec un allongement des rotations et l’introduction massive de légumineuses. Chaque parcelle délivrera 6 productions (au lieu de 2 aujourd'hui). Cette mixité des productions permet d’une part de réduire les apports d’intrants chimiques (engrais, pesticides) ou/et énergétiques et d’autre part de valoriser les ressources naturelles (meilleure fertilité des sols, biodiversité, ressources minérales).

 

- Relocaliser la production, la reconquête d’une certaine souveraineté alimentaire : limiter au maximum les importations de produits agricoles qui pourraient être produits en France (comme le soja par exemple qui est le premier poste de produits agricoles importés en Europe pour nourrir le bétail).

 

- Une transition nutritionnelle : revoir notre alimentation. Notre assiette en 2050 sera  plus riche en céréales, fruits, légumes, fruits à coques (noix, amandes) et contiendra deux fois moins de lait et de viande. Les protéines animales représentent aujourd’hui 62 % de nos apports en protéines, ce qui entraîne de lourdes conséquences sur l’utilisation des sols et l’émission de gaz à effet de serre puisqu’il faut 15.000 litres d’eau et 7 kg d’aliments pour le bétail pour produire 1 kg de viande. Un renversement de la part respective des protéines animales et des protéines végétales est proposé dans Afterres2050. Une couverture de nos besoins protéiques par 62 % de produits d’origine végétale et 38 % d’origine animale permet de diminuer par 2 de notre consommation de viande en 2050.

 

 

Toutes ces solutions permettent de « libérer » 5 à 8 millions d’hectares de terres, avec de nouvelles utilisations possibles comme la production d’énergie, de matériaux de construction générateurs de bénéfices environnementaux. La consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture seront divisées par deux par rapport à aujourd’hui.

 

L’agriculture française est au centre d’enjeux territoriaux, économiques, écologiques et humains. C’est en engageant dès aujourd’hui  cette transition de nos pratiques agricoles et alimentaires,  que nous redonnerons une mission politique aux agriculteurs : celle de nourrir sainement et durablement les français.

 

Accèder à l'intégralité du Projet Afterres2050

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